Prix des énergies pour le chauffage
Mise à jour : Mai 2024
Les français dépensent près de 2 000€ chaque année pour chauffer leur logement. Dans ce contexte, le changement de chauffage apparait souvent comme un moyen efficace de réduire la facture. Il n’est pourtant pas facile de comparer le prix des énergies. Voici un récapitulatif des tarifs en vigueur ainsi qu’une méthode pour estimer les économies potentielles en cas de remplacement.
- Prix des énergies
- Remplacer son chauffage
- Estimer sa nouvelle facture
- Faire plus d’économies
- Energies fossiles
- Electricité
- Bois énergie
- Solaire
Prix des énergies pour le chauffage
Prix des énergies : Voici le prix à l’utilisation des différentes énergies selon votre mode de chauffage. Ce tarif inclut le rendement du système ainsi que le prix de l’abonnement. En revanche, le coût à l’investissement et les frais d’entretien ne sont pas considérés.
Chauffage | Prix au kWh |
Energies renouvelables | |
Panneau solaire thermique | 0€ |
Poêle bois ≥ 2018 | 0.075€ |
Poêle bois ancien | 0.095€ |
Poêle ou chaudière à granulés | 0.097€ |
Energies fossiles | |
Chaudière fioul récente* | 0.13€ |
Chaudière gaz de ville récente* | 0.12€ |
Chaudière gaz de ville ancienne | 0.145€ |
Chaudière fioul ancienne | 0.16€ |
Chaudière gaz propane récente* | 0.175€ |
Chaudière gaz propane ancienne | 0.21€ |
Electricité | |
Pompe à chaleur géothermique | 0.09€** |
PAC air-eau | 0.105€** |
PAC air-air | 0.13€** |
Radiateurs | 0.26€** |
*Chaudière à condensation de moins de 10 ans.
**Attention ! Le bouclier tarifaire fausse un peu la donne en allégeant artificiellement la facture.
Constat : On remarque que les énergies renouvelables proposent un prix plus compétitif que les énergies fossiles bien que les systèmes associés soient plus coûteux à l’achat. Ils sont heureusement soutenus par de nombreuses aides financières. A l’autre bout du spectre, l’électricité demeure l’énergie la plus coûteuse. Les radiateurs électriques doivent donc être réservés à de petits volumes très bien isolés au risque de voir sa facture d’énergie exploser.
Le bois bûche est une des énergies les plus compétitives.
Méthodologie : Les critères retenus sont répertoriés dans le tableau ci-dessous. Ces chiffres sont toujours « contestables » selon les hypothèses choisies mais ils donnent un bon ordre de grandeur.
Energie | Prix base | Rendement | Abonnement* |
Electricité | EDF tarif bleu | 100% radiateur 200% PAC air 250% PAC air-eau 300% PAC géothermique | 12 kVA Surcoût de 120€ par an par rapport à 3 kVA Soit + 1.2 cts par kWh |
Gaz de ville | Engie Gaz Adapt, niveau 4 4 000 à 29 999 kWh | 80% chaudière ancienne 98% chaudière récente | 250€ par an Soit + 2.5 cts par kWh |
Gaz Propane | 12 800 kWh par tonne Moyenne du marché | 150€ par an Soit + 1.5 cts par kWh | |
Fioul | 10 000 kWh par tonne Prix du marché sur 6 mois | Aucun | |
Granulés de bois | Moyenne des grandes surfaces de bricolage. 4 800 kWh par tonne | 85% poêle et chaudière | Aucun |
Bois énergie | 100€ la stère. 1 750 kWh par stère. | 60% poêle ancien 75% poêle ≥ 2018 | Aucun |
*On répercute le prix de l’abonnement en considérant une consommation annuelle de 10 000 kWh (1 000L de fioul).
Changer son chauffage pour faire des économies
On comprend qu’il est possible de faire des économies à l’utilisation en changeant son chauffage. Mais attention aux fausses promesses, car ce n’est pas toujours le cas !
Rendement : Prenons l’exemple d’une vieille chaudière au gaz qui est remplacée par une plus récente. Dans ce cas, la meilleure conception du nouveau chauffage va permettre un gain de 20% de rendement. Ainsi, on achètera 8 000 kWh pour se chauffer contre 10 000 kWh précédemment. On joue ici sur l’efficacité énergétique.
Rendement | Consommation | Facture | |
Ancienne chaudière gaz | 75% | 10 000 kWh | 1 050€ |
Nouvelle chaudière gaz | 95% | 8 000 kWh | 840€ |
Mais prudence, cette amélioration de l’efficacité énergétique n’est pas valable pour tous les systèmes. Ça ne fonctionne pas pour les radiateurs électriques par exemple. Un vieux convecteur à effet joule a un rendement proche de 100%. En le remplaçant par un radiateur à inertie moderne, qui a le même rendement, il n’y aura aucun gain sur ce poste.
Les publicités pour les radiateurs électriques annoncent parfois des économies significatives. En réalité, elles comparent souvent un ancien radiateur fonctionnant en continu avec un nouveau doté d’une programmation. Le gain se fait donc uniquement sur la régulation et pas sur le rendement.
Voici quelques repères :
Chauffage | Rendement |
Chaudière fioul haute température Chaudière fioul basse température Chaudière fioul à condensation Poêle au fioul | 75% 85% 97% 80% |
Chaudière gaz haute température Chaudière gaz basse température Chaudière gaz condensation | 75% 85% 98% |
Poêle bûche < 1990 Poêle bûche < 2004 Poêle bûche < 2006 Poêle bûche < 2017 Poêle bûche > 2017 Chaudière bûche sans tirage assisté Chaudière bûche avec tirage assisté | 50% 60% 65% 70% 75% 75% 85% |
Poêle à granulés Chaudière granulés Chaudière granulés à condensation | 85% 92% 96% |
Radiateur électrique Pompe à chaleur air-air Pompe à chaleur air-eau Pompe à chaleur géothermique | 97% 200% 250% 300% |
Prix de l’énergie : Mais reprenons notre vieille chaudière au gaz, pour la remplacer cette fois par une chaudière à granulés. De la même façon que précédemment, il va y avoir un gain immédiat de 20% au niveau du rendement.
Mais en plus, l’acheteur va bénéficier d’un prix de l’énergie plus avantageux.
Rendement | Consommation | Facture | |
Ancienne chaudière gaz | 75% | 10 000 kWh | 1 050€ |
Nouvelle chaudière gaz | 95% | 8 000 kWh | 840€ |
Nouvelle chaudière granulés | 95% | 8 000 kWh | 776€ |
Estimer le montant de sa facture avec un nouveau chauffage
Pour estimer le montant de sa future facture, il faut tenir compte à la fois du rendement du nouveau chauffage mais aussi du prix de l’énergie. Voici une méthode simple :
Consommation annuelle en kWh : Il faut d’abord connaître sa consommation actuelle d’énergie en kWh. Pour le gaz de ville ou l’électricité, c’est très simple, elle est indiquée sur votre facture. Pour les autres énergies, cela nécessite un petit détour par les conversions suivantes :
- 1 tonne de propane = 12 800 kWh
- 1 000L de fioul = 10 000 kWh
- 1 tonne de granulés = 4 800 kWh
- 1 stère de bois = 1 750 kWh. Plutôt 2 000 kWh en cas de bois de bonne qualité (humidité inférieure à 20%, diamètre satisfaisant, feuillus durs). Plutôt 1 500 kWh sinon.
Le pouvoir calorifique des bûches dépend principalement de leur taux d’humidité. Pas de mauvaises surprises avec les granulés qui affichent un taux d’humidité inférieur à 10%.
Prix au kWh et rendement : Il suffit ensuite de multiplier cette consommation en kWh par le prix de l’énergie indiqué plus haut (qui prend déjà en compte le rendement).
Estimation de la nouvelle facture (€) = Consommation (kWh) * Prix (€/kWh)
Exemple 1 : Une famille brûle 6 stères de bois dans un vieux poêle à bûche. Cela donne les calculs suivants :
- Consommation : 6*1750 = 10 500 kWh
- Coût actuel : 10 500*0.095 = 997.5€
Elle envisage un appareil plus récent avec un meilleur rendement. La facture sera alors de 787€ (10 500*0.075) soit une économie de 210€ environ.
Exemple 2 : Un ménage consomme 1 000L de fioul avec sa vieille chaudière.
- Consommation : 1000 L = 10 000 kWh
- Coût actuel : 10 000*0.16 = 1 600€
En investissant dans une PAC air-eau, la facture passe à 1 050€ (10 000*0.105) soit 550€ d’économies.
Le meilleur moyen pour faire des économies ?
On peut donc bien réaliser des économies significatives en changeant son chauffage. Mais ces dernières peuvent être rapidement « annulées » par l’inflation du prix de l’énergie, qui n’est pas prêt de baisser.
Isolation : La meilleure manière de réduire durablement sa facture d’énergie est d’agir sur l’isolation car cette action réduit directement votre besoin en énergie. Et c’est bien connu, l’énergie la moins chère est celle que l’on ne consomme pas.
Une « bonne isolation » doit être continue et étanche à l’air.
Il est d’ailleurs prouvé que des travaux coordonnés d’isolation dans le cadre d’une rénovation énergétique globale divisent par 4 les consommations d’énergie. Cela permet de sécuriser sa facture d’énergie et de garder un logement « économiquement chauffable » à terme.
De plus, ces travaux augmentent sensiblement le confort, bénéficient d’une grande durée de vie et ne nécessitent aucuns frais d’entretien. Notons enfin qu’il est préférable de traiter le poste de l’isolation en amont du chauffage de façon à ne pas investir dans un système surdimensionné.
Sobriété : Un autre levier très fort est celui de la sobriété. Il s’agit de « changer ses habitudes » pour réaliser des économies d’énergie. Les résultats sont parfois spectaculaires avec une réduction de l’ordre de 30% sur la facture. Voici un panel des mesures les plus efficaces :
- Réduire le volume à chauffer, en le limitant aux pièces de vie par exemple.
- Baisser la consigne à 19°C, voire moins, en cas de présence. Il est possible d’utiliser des appoints conductifs très peu énergivores (type couverture chauffante) pour augmenter le confort.
- Couper le chauffage en cas d’absences de plusieurs heures.
N’hésitez pas à consulter notre article dédié à la sobriété pour en savoir plus.
Changer de fournisseurs : On peut enfin évoquer la mise en concurrence des fournisseurs d’énergie qui peut vous faire bénéficier d’un tarif plus avantageux mais les gains restent relatifs, autour de 5%.
La suite de l’article propose de revenir plus en détails sur les différentes énergies pour vous aider à faire un choix cohérent.
Energies fossiles, à éviter si possible
Constat : Le gaz et le pétrole constituent des énergies « historiques » et sont encore très utilisées en France. Pourtant, ces énergies sont toutes importées. Le gaz provient par exemple des Etats-Unis (25 %), devant la Norvège (22 %), la Russie (15 %), l’Algérie (8 %), le Qatar (4 %), les Pays-Bas (3 %) et le Nigeria (2 %).
Le prix des énergies fossiles fluctue de façon très importante selon la conjecture internationale, obligeant parfois l’Etat à prendre des mesures pour limiter l’impact sur les ménages (bouclier tarifaire).
En plus, ces énergies participent activement au réchauffement climatique. Leur combustion rejette en effet beaucoup de CO2 qui contribue à l’effet de serre.
Energie | Emissions de CO2 |
Bois type plaquettes | 24 g de CO2 par kWh |
Bois type bûches ou granulés | 30 g de CO2 par kWh |
Electricité pour climatisation* | 64 g de CO2 par kWh |
Electricité pour eau chaude* | 65 g de CO2 par kWh |
Electricité pour éclairage* | 69 g de CO2 par kWh |
Electricité pour chauffage* | 79 g de CO2 par kWh |
Gaz de ville | 227 g de CO2 par kWh |
Gaz en cuve | 272 g de CO2 par kWh |
Fioul | 324 g de CO2 par kWh |
Charbon | 385 g de CO2 par kWh |
Politiques publiques : « Sortir des énergies fossiles » dans les prochaines années est donc un objectif clair des politiques publiques. Il est par exemple interdit de renouveler une chaudière au fioul. Quant au gaz, il n’est déjà plus compatible avec la réglementation dans le neuf et ne bénéficie d’aucune aide en rénovation. Il pourrait être fortement limité dans les années à venir.
En bref : Si la chaudière gaz a un côté très pratique du fait de sa grande compacité, il faudra toujours envisager une autre alternative en première intention.
Electricité, une solution pour décarboner les usages fossiles
Constat : Le mix électrique français repose à 70% sur le nucléaire ce qui permet de produire de l’électricité « bas carbone ». En contrepartie, la totalité des ressources en Uranium sont importées et la question de la gestion des déchets reste entière. La part de l'électricité renouvelable représente quant à elle 20% du mix. Les 10% restants sont d'origine fossile.
Risque de surcharge : L’électricité reste une solution très efficace pour décarboner nos usages fossiles. On peut ainsi substituer nos voitures thermiques par des voitures électriques ou nos chaudières au fioul par des pompes à chaleur. Mais cette transition vers l’électricité risque à terme de mettre le réseau en surcharge.
Evolution : Le prix de l’électricité, qui est déjà l’énergie la plus chère du marché, devrait donc augmenter à terme sous l’effet de 3 leviers :
- Création de nouveaux modes de production pour satisfaire l’augmentation des besoins.
- Démantèlement des réacteurs nucléaires en fin de vie.
- Maintenance des réacteurs vieillissants.
Les pompes à chaleur sont une solution de décarbonation efficace mais mettent le réseau électrique sous tension.
En bref : Si les radiateurs électriques restent à éviter autant que possible du fait de leur mauvais rendement, les pompes à chaleur constituent une option viable pour remplacer sa chaudière au gaz ou au fioul. Ceci est d’autant plus vrai dans les régions où les hivers sont doux car les performances des PAC restent météo-sensibles.
Bois, la première énergie renouvelable pour le chauffage
Constat : L'énergie bois a de nombreux atouts. C'est une ressource locale, renouvelable et gérée durablement. Son excellent bilan carbone la rend compatible avec le réchauffement climatique. Elle crée en plus de l'emploi en France et se révèle une des énergies les moins chères du marché. Toutefois, son prix ne peut pas être entièrement décorrélé de celui des autres énergies, notamment pour les granulés de bois (impact sur les coûts de production).
Problématique : La combustion du bois peut dégrader fortement la qualité de l'air par l'émission de particules fines. C'est notamment le cas pour les appareils anciens qui ne bénéficiaient pas de normes à ce sujet. Il convient donc de les remplacer par des chauffages plus récents. L'utilisateur a aussi son rôle à jouer en brûlant du bois sec à puissance nominale sans fermer les entrées d’air. Ou encore, en réalisant un allumage « inversé » moins polluant et plus efficace.
En bref : Une chaudière biomasse est tout à fait pertinente pour remplacer une ancienne chaudière à énergie fossile. Même logique pour les poêles à granulés qui peuvent se substituer à des radiateurs électriques ou remplacer un ancien chauffage au bois trop polluant.
Si vous souhaitez vous affranchir du réseau électrique, les poêles à bûche sont particulièrement conseillés. Une cuisinière à bois par exemple offre de nombreux usages et fonctionne sans électricité. Il est en plus possible de « faire son bois ».
Solaire, une énergie abondante et gratuite
Solaire thermique : Les panneaux solaires thermiques sont utilisés pour produire de la chaleur selon un principe très simple. On fait circuler de l’eau en circuit fermé qui se réchauffe au contact des capteurs puis cède ensuite son énergie à un ballon d’eau chaude ou à un ballon tampon. Dans ce second cas, l’énergie solaire peut alimenter tout le circuit de chauffage et pas uniquement l’eau chaude sanitaire.
Ici, des capteurs solaires assurent le chauffage et l’eau chaude sanitaire en complément de la cuisinière à bois bouilleur.
Cette solution « low tech » très fiable permet de bénéficier d’une énergie gratuite et garantie « sans inflation ». Le coût à l’investissement ainsi qu’à l’entretien demeure cependant assez élevé et la filière est relativement peu développée. Le solaire thermique est pourtant un excellent moyen de créer de la chaleur renouvelable sans surcharger le réseau électrique.
Solaire photovoltaïque : Les panneaux solaires photovoltaïques permettent de produire de l’électricité en exploitant les caractéristiques du silicium, un matériau semi-conducteur. L’électricité produite peut alimenter n’importe quel appareil dont un chauffe-eau électrique par exemple.
Cette énergie se démocratise rapidement notamment grâce aux panneaux solaires à brancher sur une prise qui ne nécessitent aucune compétence en bricolage ou en électricité.
Conclusion : Bien choisir son énergie… ou ses énergies !
Comparer le prix des énergies est un exercice périlleux car les hypothèses choisies ne peuvent jamais faire l’unanimité. Cela permet pourtant d’avoir des repères relativement justes. Il apparait que les énergies fossiles sont moins compétitives à l’utilisation que les énergies renouvelables. Elles sont en plus incompatibles avec le réchauffement climatique.
Les chauffages au bois et les pompes à chaleur sont les systèmes qui permettent de tirer parti au mieux des énergies vertes. Ce sont d’ailleurs des équipements très bien subventionnés par les aides publiques. Ces chauffages peuvent être couplés à des panneaux solaires thermiques pour diminuer encore les frais d’utilisation.
Si vous souhaitez creuser la piste de l’énergie bois, nos articles dédiés aux poêles (bois, granulés, mixte) et aux chaudières (bois, granulés, mixte) devraient vous intéresser. Pour les pompes à chaleur, rendez-vous sur nos publications spécifiques : air-air, air-eau et géothermique.