Conversion de l’énergie primaire en énergie finale

A l’occasion de la nouvelle réglementation thermique RE2020, le coefficient d’énergie primaire (CEP) de l’électricité baisse. Il passe de 2,58 à 2,3 soit une diminution de 11%. Pourtant, le « mix » énergétique n’a pas évolué significativement. Voici quelques éclairages pour comprendre comment a été calculé ce facteur de conversion et quelles en sont les incidences pratiques.


Pourquoi convertir en énergie primaire ?

Energie primaire : L'énergie primaire est l'énergie contenue dans les ressources naturelles, avant une éventuelle transformation. Le fioul, le gaz, le bois, le vent ou le soleil sont des exemples d'énergie primaire.

rayonnement solaire énergie primaire

Le rayonnement solaire constitue une énergie primaire inépuisable.

Energie secondaire : Une énergie secondaire existe grâce à la transformation d’une énergie primaire. L’électricité est par exemple une énergie secondaire. Elle n’existe pas directement dans la nature et nécessite le recours à une autre énergie. Dans une centrale nucléaire, on fissure de l’uranium pour produire de l’électricité par exemple.

Energie finale : L'énergie finale est l'énergie utilisée en bout de chaine par le consommateur, c'est-à-dire après transformation des ressources en énergie et après leur transport. C’est cette énergie qui est facturée par le fournisseur.

consommation énergie finale

Le compteur Linky permet à l’utilisateur de suivre sa consommation d’énergie finale.

En pratique : Concrètement, avec un coefficient d’énergie primaire de 2,3 pour l’électricité, cela signifie que pour consommer 1 kWh d’électricité, il a fallu en produire 2,3 en amont.

Pourquoi convertir ? Le but de tout rapporter en énergie primaire est de comparer les consommations des énergies entre elles, en prenant en compte les pertes liées à la transformation et à l’acheminement. Cela est particulièrement important, notamment pour la réglementation thermique, qui doit être égale pour tous les types d'énergie.

Quels sont les facteurs de conversion ?

Voici les facteurs de conversion utilisés en France.


EnergieCEP
Electricité2,3
Gaz1
Fioul1
Charbon1
Bois1
Soleil1

On constate que seule l’électricité a un coefficient d’énergie primaire supérieur à 1. C’est donc l’énergie la moins « efficace » car les pertes sont nombreuses au niveau du rendement des centrales et du transport sur le réseau.

centrale nucléaire rhin

Les centrales nucléaires ont un rendement de l’ordre de 33%.

La valeur de 1 pour les autres énergies relève d’une convention. En effet, il n'y a pas de transformation pour ces énergies primaires. De plus, comme le transport ou encore l'extraction ne sont pas (encore) comptabilisés, la conversion est de 1 pour 1.

Facteur de conversion pour l’électricité ?

L'électricité est l'énergie la plus utilisée en France. Elle représente environ 42% des consommations totales. Mais vous l’aurez compris, c'est aussi l'énergie qui nécessite le plus de transformations. Voici quelques précisions sur ce point.

Mix énergétique : Le « mix » énergétique de la production d'électricité en France se répartit ainsi. On y ajoute le rendement de chaque solution.


Type d'énergieRendement (%)Part de la production (%)
Nucléaire3375
Energies renouvelables10015
Energies fossiles3810

Calcul : Il suffit ensuite de faire un simple calcul de proportionnalité pour trouver un rendement global de 43,5% ce qui correspond à un coefficient de 2,3. Cela tombe bien, c’est précisément le coefficient officiel retenu pour la RE 2020.

transport electricité France

Le transport de l’électricité génère des pertes liées à l’échauffement des câbles (Enedis).

Pourtant, si vous avez bien suivi, nous n’avons pris en compte que le rendement des centrales. Il manque donc les pertes sur le réseau pour considérer l’acheminement de l’électricité. RTE les estime à 3% en énergie primaire sur les lignes hautes et très hautes tensions. Au total, elles seraient plutôt de l'ordre de 5 à 7% car les pertes augmentent en basse tension lorsqu’on se rapproche du consommateur final. Il faut également considérer le rendement des transformateurs.

Bref, en prenant des pertes en ligne à 5%, cela fait un rendement global de 38,5%. On obtient donc un coefficient de 2,59. C’est précisément le facteur de conversion utilisé jusqu’à lors : 2,58 pour être exact.

Comment expliquer le facteur de 2,3 pour l’électricité ?

Décision du législateur : Mais alors, comment justifier d’une baisse du CEP pour l’électricité à 2.3 alors que le mix énergétique est resté inchangé ? En fait, le législateur a anticipé le futur mix énergétique qui laissera plus de place aux énergies renouvelables. Il sera ainsi plus performant puisque le rendement de ces énergies est de 100%.

L’objectif est d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables électriques dans la production nationale en 2030.

Comme les bâtiments ont une durée de vie de l’ordre de 50 ans, le législateur a considéré qu’on pouvait dès à présent prendre une valeur plus basse que la valeur réelle. Cela favorise donc mécaniquement l’électricité.

Contestations : Cette décision n’a bien sûr pas fait l’unanimité au sein de la profession et certains acteurs dénoncent « un tour de passe-passe ». Ils auraient préféré un facteur de conversion qui reflète vraiment l’état du mix énergétique, quitte à l’actualiser régulièrement.

Quels changements en pratique ?

Si on met de côté ces querelles de lobbyistes, les conséquences de cette baisse peuvent s’avérer assez concrètes.

Dans le neuf : Une baisse du coefficient signifie concrètement qu’une maison respectant la nouvelle norme RE2020 (CEP de 2,3) aura le droit de consommer davantage d’électricité qu’un logement construit lors de la précédente réglementation (CEP de 2,58). Ces deux réglementations imposent des consommations maximales de 50 kWhEP.m²/an (coefficient modulé selon les zones climatiques). Ainsi, on peut faire les calculs suivants pour une maison de 100 m². Ils donnent la consommation électrique maximale autorisée :

Autrement dit, une maison neuve aujourd’hui pourrait consommer 12% d’électricité de plus qu’hier. Cet abaissement du facteur de conversion ne favorise pas non plus les équipements électriques les plus performants que sont les pompes à chaleur. Reste qu’il sera probablement très difficile de respecter la nouvelle réglementation uniquement avec des chauffages de type « grille-pain ».

radiateur électrique et pompe à chaleur

Une pompe à chaleur est plus coûteuse à l’achat mais consomme 2 fois moins d’électricité qu’un radiateur.

En rénovation : Le CEP est également utilisé pour réaliser des diagnostics énergétiques sur des bâtiments existants. Ainsi, la baisse de ce coefficient valorise mécaniquement les logements se chauffant à l’électricité. Dans certains cas, ils peuvent même gagner une classe énergétique sans avoir effectué de travaux. Mais cette situation reste marginale.

Conclusion

Les conversions d’énergie finale en énergie primaire permettent de comparer des installations utilisant des sources d'énergie différentes. Cependant, ces conversions reposent sur des calculs complexes. Elles sont donc toujours attaquables et font l'objet de lobbyings très importants à chaque décision devant les établir.

Dans les faits, on remarque que les calculs considérés pour la RE2020 favorisent davantage l’électricité par rapport à la réglementation précédente.

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#50 - Pierre - 13 Février 2022

Bonjour,
Avec la RE2020 il me semble que calcul est passé avec un facteur de 2,3 applicable au 1 janvier 2022 pour les habitations neuves.
Si vous pouvez nous faire un topo sur cette nouvelle règle et si les DPE sont aussi concernés.


MERCI

#49 - Jercessart - 23 Octobre 2021

Ce calcul d'un taux de conversion primaire/utile fait pas l'Ademe (donc 2,58 en moyenne) ne permet pas de mesurer l'impact en terme de réchauffement climatique. Ainsi pour le nucléaire que n'émet pas de gaz à effet de serre, il ne faut tenir compte que des pertes en lignes, de l'ordre de 12%. Le coefficient de conversion moyen en France de l'énergie primaire émettrice de gaz à effet de serre n'est alors plus que de 1,18.
Rappelons que c'est cette grille Ademe qui sert à notre l'efficacité énergétique des logements ce qui défavorise considérablement les logements tout électriques dont l'isolation a pourtant été mieux conçue.

#48 - jp44 - 10 Mars 2021

je viens de relire les commentaires : pour avoir un bon indice énergétique je devrais remplacer ma pac air eau (80kw/an m2 *2.4= E) par une chaudière a charbon (C) ....

#47 - Mina - 07 Mars 2021

Bravo, très intéressant.

#46 - Didier - 27 Janvier 2021

On regarde le rendement EP/ EF mais si on regarde la masse de ressources utilisées par kWh alors le nucléaire est très bas..

#45 - liion - 26 Janvier 2020

Calcul complètemnt débile qui vise à pénaliser l'électricité nucléaire au profit du gaz et du fioul !
Si l'objectif est de réduire les émissions de CO2, quel est l'interet de comptabiliser le rendement d'une centrale nucleaire qui emetttra toujours 0g de CO2 / kWh?

#44 - Laurent - 02 Février 2019

Oui car l'électrique est une forme d'énergie secondaire qui a une éxergie bien plus importante, toujours regarder le bilan énergétique global.
La thermosensibilite liés aux usages saisonniers coûte extrêmement cher dans le domaine de l'électricité, il faut tout surdimensionnner poir 2-3 jours dans l'année, la mobilité électrique est une demande stable qui permet de tirer le meilleur des installations électriques.

Bon choix pour le bois, pour les logements raccordés au gaz, PAC GAZ en développement très intéressantes (COP équivalent 2,58-4,6) et sans gaz HFC des PAC électriques (HFC responsables de 5% des émissions de gaz a effet de serre en France).

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Pompe_%C3%A0_chaleur_gaz_naturel

https://pompe-a-chaleur.ooreka.fr/comprendre/pompe-a-chaleur-gaz

#43 - jp45 - 30 Janvier 2019

En conclusion malgré une consommation de 95kw/m2 avec un coeff de 2.58 mon habitation est classée E car j'ai une pompe à chaleur air eau, elle sera remplacée par une chaudière granulé bois coeff 0.66? donc je passe en B...... 62kw/m2 an, .... ou au charbon : 95 kw/an. .... raisonnement inverse si j'ai un véhicule electrique !!! tout ça d'une logique éblouissante.....

#42 - laurent - 01 Novembre 2018

Pour Negawatt, ils partent sur une division par 2 de la consommation il me semble.
Oui parler de transition sans parler de réduction forte de la consommation n'a pas de sens, on sait très bien que les énergies decarbonées ne pourront pas remplacer les fossiles a la même hauteur et que celles-ci provoquent aussi des fortes contraintes environnementales, certes potentiellement mieux maîtrisables. Pour le nucléaire, je suis un petit peu inquiet sur le renouvellement du parc de production, son taux de retour énergétique est pas si élevé car il implique énormément de richesses elles mêmes actuellement générés par des fossiles. La perspective d'un effondrement profond est très plausible.

L'appauvrissement est inévitable avec la contraction énergétique, il va falloir piocher dans les inégalités sinon ça ne va pas tenir au niveau social.

#41 - Vincent - 31 Octobre 2018

L'arnaque de negaWatt/Ademe, c'est justement le terme "sobriété", qu vise surtout à laisser croire aux gens qu'ils vont pouvoir continuer à vivre comme maintenant et pour pas plus cher.… alors qu'il est évident qu'ils vont s'appauvrir :
- isoler une maison coûte des dizaines de milliers d'euro, voire encore plus
- remplacer une chaudière gaz/fioul par une pompe à chaleur : plusieurs milliers d'euro
- une voiture électrique coûte deux fois plus cher et pour un usage nettement moins pratique qu'une thermique (distance parcourable avec une charge, difficulté à trouver une prise disponible, temps nécessaire pour la recharge, batteries à changer au bout de 5-10 ans)
etc.

Comme pour le biogaz EnR etc. : plein de choses sont techniquement possibles, mais certainement pas avec notre niveau de consommation actuel.
Il suffit de voir que le kWh pour les particuliers est 2x plus cher an Allemagne et au Danemark, alors même que ces pays sont loins d'avoir décarboné leur mix électrique comme l'a fait la France (à l'origine, pour économiser sur sa facture pétrolière, certes).

En plus, on va vite buter sur la contrainte des métaux (1 miliard de voitures électriques, vraiment ?) + baisse des moyens disponibles à cause de la décroissance qu'impose la sortie des énergies fossiles.

Sur les ordres de grandeur, l'excellent travail du physicien britannique David MacKay :
"L'énergie durable - pas que du vent!"
https://www.withouthotair.com/translations.html

#40 - laurent - 31 Octobre 2018

Une autre remarque sur l'article de Jancovici :la modulation de la puissance des réacteurs se fait seulement pour quelques réacteurs qui ne tournent pas à puissance nominale mais en dessous de leur capacité, et qui répondent à des services systèmes pour la régulation des réseaux électriques. (Régulation en tension notamment). La production nucléaire reste une production de base qui n'est pas conçu pour répondre à des consommations thermosensibles.

#39 - laurent - 31 Octobre 2018

Pour la mobilité électrique, elle permettrait de réduire d'un facteur 2 à 3 les émissions de C02 à usage identique, combiné à une très forte diminution de l'usage, de la masse et du nombre de véhicules, elle rend envisageable le respect des engagements sur le climat concernant l'automobile. (Les camions c'est un autre problème)

Un point ne devrait pas echapper à Jancovici : même si 50% du chauffage électrique moyen est assuré par le nucléaire (ce n'est absolument pas le cas lors des pics, mais plausible car les radiateurs tournent la moitié de l'année avec les logements mal isolés), l'hydraulique étant à sec l'hiver, les 50% ou 45% restant combinés au rendement des centrales à combustible fossile font que les émissions de C02 restent plus importantes que de brûler le combustible au point de consommation. Pour rappel le rendement thermique -> Elec -> thermique est de 33% avec la conversion thermodynamique et les pertes sur le réseau électrique.
Pour le mix, on sait qu'on aura besoin à la fois des Enr et du nucléaire, avec de la sobriété, des compteurs intelligents, il est envisageable de reduire la part du nucléaire pour rendre le renouvellement du parc nucléaire plus réaliste. Le chauffage électrique s'y oppose purement d'ailleurs.

Pour le biogaz, le potentiel est important et apporterait une part majeur, toujours dans le cas d'une forte sobriété, inévitable et indispensable. À l'échelle du problème donc.

#38 - Vincent - 29 Octobre 2018

Sophocle > Quel surcoût ( 3KW/H de PV coûtent 10 000 euros installés) ?

3kW, plutôt.

> Ca ferait un peu usine à gaz !

Et le gaz, c'est du fossil :-)

#37 - Vincent - 29 Octobre 2018

Le gaz renouvelable : comme la voiture électrique ou l'éolo-voltaïque, encore une solution techniquement possible mais qui n'est clairement pas à l'échelle du problème…

https://jancovici.com/transition-energetique/renouvelables/100-renouvelable-pour-pas-plus-cher-fastoche/

#36 - Sophocle - 29 Octobre 2018

Prochainement (2020?) une nouvelle réglementation thermique va remplacer la RT 2012. Il semblerait qu'elle soit co-écrite par l'Etat et "les corps intermédiaires", c'est à dire organisations professionnelles, associations, lobys, etc... le grand principe est E+C-, plus d'énergies renouvelables, et moins d'émission carbone. Pour y arriver, il faudra encore plus d'isolation et l'auto-consommation d'énergies renouvelables sera nécessaire pour obtenir les labels les plus élevés. Le label E4 sera attribué aux BEPOS (bâtiments à énergie positive), qui ne consommeront pas plus d'énergie qu'ils en produiront, soit pour le consommer directement, soit pour le revendre. Très beau sur le papier, mais beaucoup de question se posent. Que deviendra le coefficient de 2,58 ? Quel surcoût ( 3KW/H de PV coûtent 10 000 euros installés) ? Des PV pour alimenter quoi ? Chauffe-eau themo-dynamique, PAC, radiateurs ? C'est en période de grand froid que les bâtiments consomment le plus alors que le soleil est peu présent et de toute façon pas très haut, donc une intensité plus faible. Sans compter que ces systèmes doivent être entretenus, et n'ont pas une durée de vie exceptionnelle....
Quand on dit "énergie renouvelable", dans 99% des cas , ce sera des PV et donc de la fourniture d'électricité. Va-t-on favoriser l'auto-production d'électricité et continuer à pénaliser l'électricité achetée par ce coefficient de 2,58 ? Ca ferait un peu usine à gaz !!!!

#35 - laurent - 28 Octobre 2018

Il ne faut pas oublier le gaz renouvelable qui est un pilier des énergies renouvelables.

Qu'il s'agisse de gaz ou d'électricité, on est très loin d'exploiter tous les potentiels.

L'urgence est à la sobriété et la réduction du confort.

#34 - laurent - 28 Octobre 2018

https://www.connaissancedesenergies.org/bilan-electrique-de-la-france-que-retenir-de-2017-180215

On n'est plus qu'à 89% decarbone en 2017, notamment à cause des pics de chauffage qui demandent le démarrage du parc thermique.
Et en plus on ne compte pas les imports en Allemagne.

Rendre intelligent le chauffage électrique existant , oui, mais le développer n'est pas une bonne idée avec le mix de production actuel.

#33 - Vincent - 27 Octobre 2018

Exemple de la débilité de ce 2,58 avec le Diagnostique de performance énergétique d'un cinéma municipal en banlieue parisienne :

https://postimg.cc/cv8msGT2

Puisque la RT calcule en énergie primaire, on encourage les gens à se chauffer au gaz plutôt qu'à l'électrique, alors que 1) l'objectif est de sortir des énergies fossiles et 2) l'électricité en France est décarbonée à 95%.

Il serait quand même plus intelligent de dire : pas plus de x kWh/m²/an de chauffage d'origine non-carbonée, débrouillez-vous pour atteindre cet objectif.

#32 - Sophocle - 27 Octobre 2018

Le CO2 est un facteur aggravant, mais le réchauffement climatique n'est pas prêt de s'arrêter. Le principal gaz à effet de serre n'est pas anthropique, c'est la vapeur d'eau, présente à hauteur de 70% dans l'atmosphère en moyenne. Le problème est qu'il y a rétroaction: le réchauffement des températures permet à l'air de détenir plus de vapeur d'eau, qui provoque plus d'effet de serre, une augmentation des températures et ainsi se suite... Le CO2 anthropique a mis le moteur en route, mais nous n'avons malheureusement pas la faculté de l'arrêter... Juste de ne pas encore l'accélérer... Donc pour l'instant, il ne faut pas arrêter les centrales nucléaires, mais utiliser l'électricité renouvelable pour chauffer les logements et réduire la consommation de gaz.

#31 - Laurent - 27 Octobre 2018

Merci Vincent pour le correctif, l'effondrement est inévitable au vu des dynamiques et des décisions politiques et économiques.

Pour le chauffage thermodynamique, c'est très peu efficace quand il fait froid, voir même moins efficace qu'un radiateur joule à température très négative (dès -5'C).
Si l'on isole et qu'on abaisse la température des logements, on a justement besoin de chauffage lorsque il fait bien froid.
Y'a aussi le risque de fuite des gaz HFC, je suis pas très enthousiaste sur cette technologie.

Le véhicule électrique, c'est pas le miracle certes, mais je ne vois que ça, avec les renouvelables et le nucléaire, pour essayer amortir les conséquences sociales des crises qui viennent dès 2020.
Pas vraiment de conséquence sur la production électrique (15 millions de véhicules électriques en France = 34 TWh
= 6% de la production actuelle), si c'est correctement géré grâce aux Linky, sur les terres rares il est possible de remplacer par des bobines (Renault...), y'a plus que les batteries où il reste certes la question difficile du recyclage du lithium et du cobalt, on a encore du temps car leur durée de vie est longue et y'a possibilité de réutilisation sur quelques décennies pour stocker des productions renouvelables.

http://www.automobile-propre.com/vehicules-electriques-terres-rares-florilege-fake-news

Enfin la dépendance aux fossiles est plutôt à 75%, et avec une forte sobriété et l'arrêt de la concurrence mondialisé, on pourrait considérablement limiter la destruction de notre avenir.

https://decrypterlenergie.org/les-energies-renouvelables-font-elles-reculer-les-energies-fossiles

Si les négociations climatiques n'avancent pas, c'est parce ce que les transports internationaux ne sont pas comptabilisés, les pays importateurs se deresponsabilisent... il faut relocaliser les économies et on doit analyser la peur aveugle du protectionnisme, relocaliser ne veut pas dire fin de l'entraide et de la coopération mondiale.

#30 - Vincent - 23 Octobre 2018

Laurent > Pour le chauffage, il faut développer les réseaux de chaleur urbain, le stockage thermique, le chauffage au compost, les panneaux solaires thermiques, le biogaz, les travaux d'isolation, les pulls...

… et les pompes à chaleur. Très répandues dans les pays rationnels comme la Suède ou le Japon.

> Concernant le véhicule électrique, le choix est judicieux

Pas forcément :

"L’automobile face à ses contraintes : énergie et métaux"
https://tv.arts-et-metiers.fr/lautomobile-face-a-contraintes-energie-metaux-part-2/

> Après on peut analyser les taux de retour énergétique et les efficacités globales, ces taux sont très bon pour les renouvelables, encore corrects pour le nucléaire mais très très faibles pour les fossiles dont notre dépendance risque de conduire à un effondrement.

Pas "risque" : "va". À cause de la contrainte climatique, il faut qu'on s'en passe d'ici 2050. Problème : elles représentent 85% de l'énergie primaire, et même 98% du transport.

On est mal.

#29 - Laurent - 23 Octobre 2018

Le chauffage électrique est pire que le chauffage au gaz pour la simple raison que tout la partie thermosensible des surconsommations en hiver est compensée par 13 centrales gaz cycle combiné, 6 centrales TAC Fioul/gaz et 4 centrales charbon, auquel il faut ajouter les importations d'électricité d'Allemagne : on est à 20 GW très carboné.

L'article des Echos est une aberration : les productions renouvelables et nucléaires produisent toute l'année et ne sont absolument pas destinés à couvrir du chauffage, qui est chaque année couvert par des centrales pourris.

La conclusion est que vous allez émettre environ 2,58 fois mois de CO2 avec un chauffage gaz qu'avec un chauffage électrique.

Pour le chauffage, il faut développer les réseaux de chaleur urbain, le stockage thermique, le chauffage au compost, les panneaux solaires thermiques, le biogaz, les travaux d'isolation, les pulls...
19'C préconisé par la loi, on peut descendre à 15'C sans avec un bon pull il me semble.

Concernant le véhicule électrique, le choix est judicieux : le moteur a un rendement quasiment unitaire et il y'a en plus un système de récupération d'énergie cinétique. Grâce aux compteurs Linky, les recharges intelligentes vont permettre d'optimiser les productions renouvelables.

Pour rappel pour éviter de dire des bétises :
Thermique -> Electricité Rendement <= 38%
Thermique -> Mécanique Rendement <= 38%
Electricité -> Mécanique Rendement <= 100%

Thermique -> Thermique Rendement <= 100%
Thermique -> Electricité -> Thermique Rendement moyen <= 33% (pertes réseau electriques)

Pour une utilisation mécanique, il faut 2,58 fois plus d’énergie primaire avec une source thermique (petrole, gaz, nucléaire) qu'avec une production électrique direct (solaire, éolien, hydraulique). Si votre électricité est de source thermique, la voiture a un rendement que très légèrement meilleur par rapport à un véhicule thermique, mais vous pouvez mettre en valeur une production nucléaire décarbonée.

Pour une utilisation de chaleur, il faut 2,58 fois plus de combustible si vous passez par le vecteur électricité que si vous brulez sur place votre combustible.

Pour les renouvelables, le rendement considéré est évidemment unitaire puisque l'électricité produite est utilisable à très haut rendement pour tous les usages, et que la source d'énergie est considéré comme inépuisable (le soleil en l'occurence)

Après on peut analyser les taux de retour énergétique et les efficacités globales, ces taux sont très bon pour les renouvelables, encore corrects pour le nucléaire mais très très faibles pour les fossiles dont notre dépendance risque de conduire à un effondrement.

#28 - Christian - 17 Octobre 2018

Merci pour votre réponse.

Je suis d'accord avec vous pour dire que la DGECet Bercy ne font rien pour rendre les chsoes compréhensibles et susciter l'adhésion, quelle que soit la politique suivie.

Bonne journée,

#27 - Sophocle - 17 Octobre 2018

Voilà le lien: https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/0301745932760-quand-la-reglementation-freine-la-transition-energetique-2180584.php
Globalement, il faut toujours essayer de comprendre. Dans le cas présent, les centrales nucléaires ne peuvent pas permettre de chauffer tous les logements, donc les logements chauffés au gaz, c'est plutôt une bonne chose, d'autant que le KW/H gaz est 2 fois moins cher que le KW/H électrique. Tant pis pour le CO2.... Alors qu'on nous harcèle tous les jours avec le dérèglement climatique....
Ensuite, le gros problème des voitures dans les agglo est la pollution aux micro-particules. Il faudrait 40 TW/H pour faire rouler toutes les voitures à l'électricité en France, alors que la production est de 550 TW/H. C'est donc facilement atteignable, à condition de réguler les consommations de pointe (recharger les voitures entre minuit et 6H quand les centrales tournent au ralenti).
D'un coté, la réglementation pénalise l'électricité consommée dans les logements avec le coefficient de 2,58, mais finalement le consommateur est gagnant car le gaz est moins cher, de l'autre on favorise l'électricité pour les voitures et on augmente les taxes sur l'essence et le gazoil pour améliorer la qualité de l'air en ville.
"On" devrait nous l'expliquer comme ça, mais pas avec le CO2, car là c'est contradictoire.
De toute manière, on nous balade en permanence, par exemple avec le compteur Linky qui est le seul capable d'identifier la consommation pour recharger une voiture et....taxer au titre de la TICPE ( nouvelle dénomination de la TIPP qui ne permettait de taxer que les produits pétroliers) . Restons lucide !!!
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